vendredi 3 novembre 2017

Revenir à l'essentiel

Borne (2011)

Il nous arrive de ne pas avoir envie de parcourir le monde.
Il nous arrive de ne pas prendre l'avion à chaque vacance.
Il nous arrive d'avoir envie de calme mais pas trop, de se retirer sans s'isoler, de voir des gens sans que ce ne soit compliqué, ou qu'on soit obligé de parler (je parle essentiellement pour moi).

Nous avons fait du cabotage à la Toussaint. Une semaine ici et là. On arrive, on prend l'apéro, on papote, on dort et on poursuit.

C'est ainsi qu'on s'est retrouvé dans un refuge un peu équipé, à 45 mn de marche d'un village au bout du monde (le Vercors).
Il y a l'électricité, avec des panneaux solaires.
Il y a de l'eau chaude au gaz.
Il y a du réseau : pour Orange en bas des 3 marches, en faisant quelques mètres sur le chemin, pour SFR il faut monter au Col (1h de marche) pour Bouygues... c'est plus compliqué.
Il y a du chauffage : un poêle dans la salle commune, un autre dans la chambre commune en bas. Il faut les charger le soir, pour qu'il reste des braises au petit matin.
Il y a de quoi dormir : des chambres collectives à 6 ou 12 personnes (certains parmi vous adorent, je le sais...), celle du bas on agence son matelas avec ou sans cadre, à même le sol, orienté soleil couchant ou levant. A chacun son feng chui.
Il y a des toilettes, dehors dans une cabane en bois.

Y séjourner c'est revenir à l'essentiel : manger, boire, dormir, ne pas avoir froid, socialiser avec qui est là.
Je suis montée avec des bonbons au miel, du vin (blanc et rouge), 2 paires de chaussettes en laine, un pull, une polaire et un anorak, et 3 livres (pour socialiser, parce que c'est exactement mon fort).
Au final, j'ai à peine fini le livre en cours, j'ai (même pas) fait semblant de cueillir des champignons, j'ai beaucoup marché, bu raisonnablement du vin, excessivement de la tisane, j'ai joué à un jeu que je ne connaissais pas et qui ressemble vaguement au Cluedo mais où tu ne sais pas qui tu es (alors de la à savoir qui tu tues, où et avec quelle arme, il faudrait une autre vie toute entière...), j'ai discuté avec des gens que j'ai vu naître (oui au pluriel, ce ne sont plus des enfants), j'ai petit-déjeuné dehors au soleil, j'ai pris un bain de soleil dans une chaise longue en bois qui épousait la pente, j'ai attendu que les nuages se dispersent pour voir Grenoble depuis le Col, j'ai eu froid dans le vent et chaud en montant, j'ai transporté un champignon dans ma poche (non, ce n'est pas moi qui l'ai trouvé), j'ai fait la vaisselle parce que je ne sais pas faire à manger, je me suis retourné plusieurs fois dans ma couchette en me disant "non je n'ai pas envie de faire pipi..."...et j'ai fini par sortir de mon sac de couchage et affronter le froid de la nuit.
Je ne suis pas allée jusqu'à la cabane en bois, trop loin à 2h du matin, en chaussettes. Dans la pente, au coin de la terrasse, sous les étoiles, avec une presque pleine lune, ça avait quelque chose de magique. 
En tendant les mains, j'aurai pu (si si) toucher la Grande Ourse, caresser la lune. Et comme par magie, le vent était tombé il faisait presque doux, en chaussette dans l'herbe en pleine nuit.
Revenir à l'essentiel, sous un ciel étoilé.



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